jeudi 20 avril 2017

La fois où des enfants m'ont vraiment impressionnée

Si tu me cherches un samedi matin où il fait frette, je suis au McDo.
En train de jouer dans le parc Ronald McDonald.
Ok, c’est pas vrai.
Je suis assise en train de boire un café et mon gars est en train de se démener dans le parc.

Pour vrai, c’est la meilleure place. Ça te coûte un café (quoique je suis certaine que même si tu prenais rien, personne ne viendrait t’achaler), c’est sécuritaire, il y a d’autres enfants (et d’autres parents à qui tu fais juste des eyes contact de «Moi aussi je serais resté couché à matin») et tu peux (presque) relaxer.

J’aime voir l’interaction entre les enfants.
J’aime voir ces petits humains parler et jouer entre eux.
Même si des fois ils ne parlent pas la même langue (ou s’ils ne parlent pas tout court).  J’aime voir les plus grands agir avec les plus jeunes, j’aime voir les jeux qu’ils inventent avec des règlements que je ne comprends pas (et qui ne sont pas comprenables, soyons honnête!), j’aime les entendre vivre leur vie, oubliant complètement qu’un adulte les regarde.

Je trouve ça beau. Je trouve ça le fun.

Et c’est pour ça que j’haïs toujours quand il y a des parents envahissant qui veulent tout contrôler. «Il faut glisser de même! Il faut monter et glisser! Redescends et remonte! Reste pas là, bouge!»
Excuse-moi, je ne savais pas qu’il y avait seulement UNE BONNE FAÇON DE JOUER.
Donne-lui un break à ton enfant, c’est pas l’armée, c’est un parc de jeux.

Bref, j’aime les regarder jouer. Parce que, quand on les laisse tranquille, les enfants ne sont pas là à faire les 400 coups. Ils jouent, tout simplement.
Comme en fin de semaine. J’ai été tellement impressionnée.

Il y avait 5 petits garçons dans l’ère de jeu, incluant mon fils.
Je ne suis vraiment pas bonne pour donner des âges…disons entre 8 et 2 ans. Peut-être moins que ça. 6 et 2 ans?

Un petit garçon dit «On organise une partie de 1,2,3 soleil!»
Et tous les enfants se sont mis à jouer ensemble, en bas des structures de jeux, à 1,2,3 soleil. Même mon fils qui n’a que 2 ans est allé jouer avec eux.
Et ils l’ont accepté, même s’il courait quand ce n’était pas le temps.
(Sérieusement, il aurait dû être éliminé au moins 50 fois.)

Ils ont joué, plusieurs parties, avec leurs règles bien à eux.Sans chicane aucune.

J’étais tellement impressionnée par ces petits garçons qui jouaient ensemble, sans se connaître et sans que ça les dérange, sans cris et sans larmes.

Après, mon fils est venu me voir. Il avait le goût de dessiner.
J’ai sorti des crayons et un cahier.
Et tous les petits garçons avaient aussi le goût de dessiner.
Sans un mot, j’ai arraché  des feuilles du cahier, ouvert l’étui à tous et ils se sont installés, spontanément, par terre, en cercle, ensemble, pour dessiner.

C’était  beau.
C’était parfait.
C’était magique.


Laissons faire les enfants plus souvent, on ne peut qu’être surpris.


vendredi 14 avril 2017

Fails de Pâques

C'est Pâques!
Et c'est une fête pleine de chocolats, de lapins et de résurrection de Jésus.
Mais c'est pas tout le monde qui est doué pour ça. 

Tsé, Jésus a été crucifié pis toute mais...ces biscuits me semblent être de mauvais goût.
J'en mangerais pareil, mais ça reste de mauvais goût. 

Cette petit fille fait sans doute encore des terreurs nocturnes en pensant au lapin de Pâques. 


C'est un peu baveux comme slogan d'église non?
Mais en même temps, ça permet de se remettre en question. 

Ha oui, la fête de Pâques qui est reconnue pour le retour du printemps, les oeufs et les feuilles de pot. 

«I need eggs». Tu as aussi besoin de leçon de dessin je pense. 

Je ne serais pas à l'aise d'être sur l'autoroute et de voir ça dans mon rétroviseur. 

«Voyons les enfants! Y'a pas de raison de pleurer! C'est juste le lapin le plus épeurant du monde qui veut vous prendre dans ses bras!» 

Tant qu'à mettre ce masque, dessine-toi des moustaches dans la face. 
Personne ne va être choqué. 

Je pense que ce lapin manque un peu de pratique avec les enfants. 

Je ne sais pas si c'est vrai...MAIS J'EN VEUX UN. 

HA OUI! Le seul lapin au monde avec du Street Cred. 
DUDE!

Hum...ok. 


Mesdames et messieurs, voici le premier tatou au monde qui vous donnera des cauchemars pour le restant de vos jours. Joyeuses Pâques! 

jeudi 6 avril 2017

Fallait être là

Ça nous ai tous déjà arrivé.
Une personne raconte une histoire avec beaucoup d’enthousiasme (généralement en précisant que «c’est le moment où elle a le plus ri de sa vie» ou une variante du genre.)
C'est une histoire prometteuse où tous les éléments sont réunis pour que tu éclates de rire. La table est mise, tu appréhendes, tu as hâte!

Hey, si ton ami a failli se pisser dans les culottes quand c’est arrivé, il n’y a pas de raison pour que tu ne laisses pas aller 2-3 gouttes quand il te le raconte!

Arrive la fin de l’histoire.
Ton ami rit. Presqu'aux larmes.
Et pas toi.
Malaise.

Pour ne pas le vexer, tu fais un petit rire de courtoisie.
À travers ses rires, il remarque que tu ne ris pas autant que lui. Il est étonné.
Tu forces un peu ton rire, en te demandant comment il peut trouver cette histoire aussi drôle.
Et pendant que tu cherches quelque chose à dire pour rebondir sur ce petit malaise qui menace de grossir, ton ami arrête de rire. 

Et il lâche la phrase qui pète le fun, la phrase fatale, la phrase qui se veut une excuse à la promesse du rire qui n'est jamais venu...
«Fallait être là.»

Pire. Phrase. Au. Monde. 
Mais avant de commencer ton histoire, tu le savais que je n’étais pas là.
Alors pourquoi tu me la racontes?!

FALLAIT ÊTRE LÀ.
Que se soit toi qui le dise pour justifier ton pas de rire ou ton ami qui le dit pour justifier TON pas de rire...Personne n'est gagnant, dans un «fallait être là».
Quand on me le dit, ça me fait la même chose que quand je regarde des photos de voyage.
C'est plate. 

On se l’est tous déjà fait dire. Et on l’a tous déjà dit.
Et c'est là que tu vois la relation que tu as avec les gens qui t'entourent.
Des fois, il vont juste te faire un petit sourire poli et enchainer la conversation pour oublier au plus vite. Ça, c'est des gens que tu connais pas full.

Des fois, ils vont te dire en pleine face que c'est la pire histoire du monde et qu'ils attendent le punch.
Ça, c'est genre ta meilleure amie depuis les 25 dernières années.
Celle qui n'est pas gênée de te dire que tu as de quoi entre les dents, que ton nouveau chandail funky est lette pis que ton histoire est poche. 

Des fois je raconte une histoire et je réalise que ça ne sera pas drôle et je panique à l’intérieur et je sais que je vais finir par un fallait être là.
Et je ne suis pas fière.

Ça arrive au meilleur d’entre nous.

Je sais que souvent, ça arrive par accident. Personne n'est assez machiavélique pour PLANIFIER un fallait être là. (En tout cas j'espère.)
Tu pensais sincèrement que ton histoire allait faire rire les autres. 
Mais non. Elle te fait juste rire toi et elle installe un petit silence de malaise.
Et comment on relance une conversation tombée à plat où on nous avait promis qu'on se dilaterait la rate?
Par un «fallait être là».

Je déteste me faire dire cette phrase.

Mais par-dessus tout, je déteste la dire.

Mais en même temps, des fois, c'est vrai.
Fallait VRAIMENT être là.

jeudi 30 mars 2017

Sourire toute seule

J’aime ça voir une personne qui sourit toute seule.
Je ne sais pas pourquoi.
Mais j’aime ça.
Ça me fait sourire toute seule moi aussi.

C’est sûr que ça vous est déjà arrivé.
Tu es dans le métro, dans la rue, à l’épicerie.
Tu fais ton chemin, tu es perdu dans tes pensées, tu vois le monde sans le voir.

Pis là, tu accroches sur une personne. Tu comprends pas trop pourquoi ton regard s’est posé et attardé sur elle. Et après 2-3 secondes tu réalises.
Elle sourit.

Pas à toi, pas à quelqu’un, pas à rien.
Elle fait juste sourire, comme ça, dans le vide, dans sa tête.

Et tu réalises que toi aussi tu souris, depuis que tu l’as vu sourire.
Tu partages ça avec elle, même si tu ne sais pas la source et la raison de son sourire.

J’aime ça.
Ça me met de bonne humeur, ça me fait sourire aussi, je suis contente pour une personne que je ne connais même pas.

Et je suis curieuse. J’ai toujours le goût de savoir, d’aller lui poser une question.

Peut-être qu’elle vient d’avoir une bonne nouvelle.
Peut-être que c’est un texto inattendu.
Peut-être qu’elle vient de voir une personne planter.
Peut-être qu’un souvenir vient de ressurgir dans sa tête.
Peut-être aussi que c’est juste sa toune préférée qui vient de partir dans ses écouteurs.
Peut-être qu’elle vient d’avoir une illumination.
Peut-être qu’elle vient enfin de trouver ce qu’elle va faire de sa vie.
Peut-être qu’elle vient de prendre une décision.
Peut-être qu’elle vient de trouver une idée de génie.
Peut-être que c’est un je t’aime gratuit.

Je ne sais pas pourquoi elle sourit, cette personne.
Et je ne le saurais jamais.
Je ne peux que faire des hypothèses.
Mais je sais que ça me fait sourire aussi.

Et ce sourire isolé qui ne m’était pas adressé me faire sourire seule aussi.
Et peut-être que mon sourire solitaire va faire sourire une autre personne en solo et ainsi de suite à l’infini.
Pis ça, j’aime ça.


jeudi 23 mars 2017

Un tatou pour la vie, prise 37 849


C'est le moment des tatous laids!
Yé!

Ce tatouage vient de gâcher les poupées Bout de Chou pour toujours. 
Pourquoi mais POURQUOI?!


Encore une fois, toujours la même question...POURQUOI?!
(En plus, dans le cou?! Double pourquoi?!)

Peut-être que le truc ça serait de ne pas fumer de pot avant de se faire tatouer?
Ça éviterait une petite erreur permanente. 

Ça, c'est le genre de tatou qui est drôle un peu sur la brosse sur le bord de la piscine.
Pis dès que tu finis le cégep, tu le regrettes. 

«Je sais pas pourquoi mon chum fait des terreurs nocturnes depuis un bout...»
Pour ça. 

Qu'est-ce que ça veut dire?
Et est-ce que c'est voulu comme un dessin d'enfant ou c'est les talents du tatoueur qui sont limités?

J'espère que ce tatou est vieux et qu'il ne date pas de la semaine passée genre. 
Il lui ressemble quand même mais...QUI triplait sur Kevin?!


Ça, ça me fait rire: Betty White version zombie. 
Bien exécuté et définitivement créatif. 

Hum. C'est vraiment intemporel comme tatou *tousse tousse*. 


C'est ce qui s'appelle «savoir rire de soi-même», non?




jeudi 16 mars 2017

Deux questions indiscrètes

Il y a deux questions indiscrètes à poser à une fille:

1-Combien tu pèses?
2-Quand est-ce que tu vas avoir des enfants? (Ou il est pour quand le deuxième? ou n'importe quelle variante sur le même thème.)

La première, on comprend facilement pourquoi elle est indiscrète.
Mais la deuxième?

Je vous explique. C'est une raison toute simple: ce n'est pas de nos affaires.
On pense que les enfants, puisqu'on les voit et que ça fait parti de la vie, ce n'est pas intime. Mais c'est tellement, tellement, tellement intime.

Premièrement, peut-être que la fille n'en veut pas, d'enfants (ou n'en veut pas de deuxième). Et qu'elle va se sentir obligé de justifier son choix, de s'expliquer et se sentir jugé.

Peut-être aussi que ça fait un bout qu'elle essaye et que ça ne fonctionne pas. Que ça l'obsède, que chaque fois qu'elle a ses règles elle vit une petite dépression, qu'elle détourne la tête quand elle voit une bédaine de femme enceinte parce qu'elle crève de jalousie.

Peut-être que c'est un sujet de chicane entre elle et son chum. Parce qu'elle en veut là et son chum pas tout de suite. Ou parce que son chum en veut quatre et elle n'en veut pas.

Peut-être aussi qu'elle a fait une (ou des) fausse(s) couche(s) et que ça lui rappelle de mauvais souvenirs.

Peut-être aussi qu'elle en veut des enfants mais pas maintenant. Et qu'elle va juste avoir l'impression qu'on lui met de la pression (même si ce n'est pas le cas).

Et je sais que ça ne part JAMAIS d'une mauvaise intention, se faire poser cette question-là.
Je l'ai moi-même posé des milliers de fois. Mais je ne la pose plus maintenant.
Même quand elle me vient en tête naturellement, comme un automatisme, je la repousse.

Personnellement, je déteste me la faire poser.
«Il est pour quand le deuxième?»

Tu sais quoi? Parler de ma future progéniture n'est pas une conversation que j'ai le goût d'avoir dans un 5 à 7 avec une personne que je connais pas vraiment en attendant que ma meilleure amie revienne des toilettes.
Si je ne t'ai jamais appelé en pleurant à 1 heure du matin parce que je suis presque sûre d'avoir vu mon ex frencher une fille dans un bar, je considère qu'on n'est pas assez proche pour avoir une belle discussion sur le sujet.

Je retire officiellement cette question de la Grande Liste des Questions de Small Talk.

Et une bonne fois pour toute, je vais répondre. La réponse corporate que je dis tout le temps.
Tant avant mon premier qu'en ce moment:
Ça viendra quand ça viendra, on n'est pas pressé.

Pis je pèse 161 livres.

jeudi 9 mars 2017

Mon deuxième que le bon Dieu vous bénisse

Il y a quelques temps de cela, une dame âgée m’a dit «que le bon Dieu vous bénisse» parce que je l’avais aidé à traverser la rue, un jour où la glace prenait toute la place.

Cette semaine, je marche et je croise une (autre) vieille dame.
Elle a une canne et un sac qui semble peser une tonne. Traverser la rue lui prend plus que les secondes allouées aux piétons. Monter le trottoir, avec sa canne et son sac semble une épreuve impossible.

Je m’approche et je lui offre un bras.
De l’autre, je prends son sac (qui pesait VRAIMENT une tonne, je la soupçonne d’avoir acheté une douzaine de briques. Finalement, c’était juste vraiment beaucoup de bouteilles d’eau.)

Je fais souvent ça aider des personnes âgées.
Pas parce que je suis meilleure que quiconque.
Juste parce que je pense à ma grand-mère.
Je me dis que si c’était elle qui avait de la misère, j’aimerais que quelqu’un l’aide.
C’est de la projection grand-maternelle.

Et pour vrai, ça prend 2 secondes de ma journée et ça peut faire la journée de quelqu’un.
Alors pourquoi pas?

Bref, j’aide la madame à monter l’insurmontable trottoir.
J’allais lui proposer d’amener son sac jusque chez elle. Mais avant que je puisse le faire, elle me tire par le bras en me pointant son immeuble avec sa canne.
Les grands esprits se rencontrent.

Je l’accompagne jusqu’à l’entrée de son immeuble.
Je rentre dans le portique avec elle.
Je vais jusqu’aux ascenseurs. Et là, seulement, elle lâche mon bras.

Je comprends que nos chemins se séparent ici.
Je lui souhaite bonne soirée.
Elle me sourit et me dit «Que le bon Dieu vous bénisse!»

J’ai souri, incrédule. 
Je ne l’avais pas reconnu avec son manteau, son chapeau et ses années en plus.
C’était la même madame que la dernière fois.

Je lui ai dit merci.
Et je pense qu’à ce moment, elle m’a reconnue aussi.
Ou peut-être pas.

Et simple comme ça, je suis retournée chez moi, heureuse.
Parce que je venais de me faire bénir par un Dieu auquel je ne crois pas par une madame qui y croit.

Et c’était magnifique.