Vieille madame

Boooooooooooon ben suite à vos mots doux et gentils et encourageant, j'ai décidé de continuer de blogguer. Yé!
Je dois avouer par contre que ma décision était déjà prise depuis longtemps (depuis toujours même!), et qu'il aurait fallu un cas de force majeur pour que j'arrête. Genre qu'il y ai un décret qui rende moi pis ma face illégal ou un non-accès permanent à une connexion internet.

Bref.
Je commence tranquillement à apprivoiser mon quartier et je dois dire que j'aime bien la petite fruiterie au coin de la rue (même si les employés sont tellement bête que t'aime mieux chercher pendant 15 minutes, ne pas trouver et changer tes plans pour le souper plutôt que de poser une question à un employé.)

J'étais en train de faire le tour en cherchant des endives (et je trouve que le mot endive sonne plus comme une sorte de poisson qu'une sorte de légume, mais trop tard, les endives sont déjà baptisés) et y'a une vieille madame qui entre.
J'aime bien les personnes âgées.
Ben en fait, j'aime ma grand-mère et c'est la seule personne âgée que je connais. Avec ma logique implacable, j'en déduis que pas mal toutes les personnes âgées lui ressemble.

Elle prend un panier à main, mais change d'idée et essaye de prendre un panier à roues. Ils sont tous emboîtés les uns dans les autres (évidement, qu'est-ce qui arrive quand on emboîte les paniers à roues? Y restent toujours pogné ensemble quelque part.). Elle en prend un, mais y'en a 4 qui suivent. Elle n'est pas contente. Elle n'a pas de plaisir non plus.
Elle accote sa canne et essaye à nouveau. Aucun progrès.

Évidemment, je vais lui donner un coup de main. Je lui fais un beau sourire, je me bats, pour elle, avec des paniers qui collaborent très peu et finalement, triomphalement, je lui roule un panier, UN SEUL.
Elle met sa canne là on assoie les enfants, me regarde avec un petit sourire de «merci mais j'aurais été capable toute seule mais merci, t'es ben fine pour une jeune» et part dans les allées.

Je suis contente, j'ai fait une bonne action, je me sens bien.
Je trouve mes endives, je me dirige vers la caisse.
Ma petite madame (qui est super efficace pour faire son épicerie, elle ne cherchait pas des endives, elle. Je la soupçonne d'avoir un plan de la fruiterie chez elle et de l'étudier, de se faire des parcours pour faire ses courses le plus rapidement possible) s'apprête à sortir. Je lui ouvre la porte. Elle a beaucoup de sac.
Si j'avais déjà payé, je lui aurais proposé de les porter pour elle.

Deux bonnes actions en si peu de temps. Je suis cool, gentille et personnes âgées friendly.
Je paie.
Je sors.
Je marche.
Je m'apprête à traverser la rue. La lumière est verte, pour les piétons et pour les voitures.
Je me fais klaxonner et presque rouler sur le pied et le conducteur me regarde avec une face de «Franchement, pousse-toi de mon chemin, je suis en chaaaaaar!»

C'était ma vieille madame.
Une chance que j'ai été fine avec, sinon, peut-être qu'elle n'aurait pas klaxonné.

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