J'en ai presque eu.

J'ai fait l'épicerie cette semaine (hoooooo, tu parles d'un début accrocheur!)
Mais je ne veux pas vous parler de ce que j'ai mis dans mon panier.
Je veux parler de ce que j'ai presque mis dans mon panier (nuance!)

Je fais l'épicerie avec mon homme. Jusque là tout va bien.
On arrive au bout d'une rangée et telle une apparition divine, ils sont là.
Une pile, un stach, une montagne de pots de Nutella, bien empilé avec la plus grosse pancarte du monde qui écrit «Super rabais incroyable magique du monde entier!» (ou quelque chose du genre).
Ce que je lis, moi, c'est «Gabrielle, aujourd'hui, on te fait plaisir, c'est TA journée, on a fait ça juste pour TOI.»

J'arrête de respirer pendant quelques secondes/minutes/peu importe.
Je souris, je tape des mains, je suis heureuse.
Mais je sais que la partie n'est pas gagné. Je dois convaincre l'homme que je suis assez grande et responsable pour avoir un pot de Nutella à la maison. Je me prépare.

J'essaye la technique «mine de rien». C'est à dire que sans rien dire, je prends un pot et je le mets dans le panier, le plus naturellement du monde. Échec.

J'essaye la technique «on sauve de l'argent, ça nous rapproche de notre voyage à New York». Je sors les arguments classiques: c'est un bon rabais, c'est rare que ça arrive, ça vaut vraiment la peine, on serait fou de pas en profiter, etc, etc. Échec.

J'essaye la technique «homme violent qui souhaite reconquérir sa femme». J'ai changé, je te jure. Je ne suis plus comme avant, c'est l'ancien moi qui ne pouvait pas me contrôler, maintenant j'ai vieilli, j'ai gagné en maturité, je ne veux pas refaire des erreurs du passé. Échec.

J'y vais avec ma dernière technique, généralement la plus efficace parce que la plus gênante: «crise d'enfant de 4 ans».
Je sens que les négociations sont maintenant possibles. La résistance de l'homme commence à fléchir (ça ou il est juste exaspéré par mon comportement, je ne pourrais pas dire.)

Il me propose de marchander. J'accepte.
Voici le deal: si je peux lui JURER en le regardant dans les yeux qu'il y aura encore du Nutella dimanche, on peut en acheter.
Je me concentre. Je dis la phrase: «Je te jure que dimanche, il y aura encore du N...» et j'ai ri.
J'allais commettre le plus gros parjure de toute ma vie. Moi-même je ne me croyais pas en le disant.
J'étais déjà en train de penser à «Dans quelle rangée sont les cuillères en plastique que je puisse ouvrir le pot dès qu'on aura passé la caisse?»

Il faut vraiment que j'apprenne à mentir.
Ou que je change de chum.

Commentaires

  1. Le deal c'est qu'il reste nu Nutella dimanche ... alors achète 2 pots :P

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