Aventure troublante dans le métro

Je prends beaucoup le métro.
Et il ne m'arrive jamais rien.
À part des pannes (dont je ne suis pas la cause, je vous rassure tout de suite), mes rides de métro sont plutôt tranquille...

Mais hier, il m'est arrivé quelque chose qui m'a troublé.
Je suis à Berri et j'attends le métro. Il y a une femme enceinte à côté de moi. Le métro arrive.
Toutes les places assises sont prises. Sauf une (tsé les genre de place à 3? Un banc seul et un banc pour 2? Ben le banc pour 2 est occupé par une fille (sur un banc, celui sur le bord de la fenêtre) et son sac de bouffe take out de je-sais-pas-où (sur le banc à côté d'elle)).

La fille sur le banc seul laisse sa place à la madame enceinte. Beau geste.
Mais pas vraiment utile puisqu'il y a une place de libre.

Je suis debout devant cette place.
Je regarde autour de moi. Personne ne semble vouloir la prendre.
Une madame (est debout elle aussi) qui est un peu plus loin, me fait un signe de tête qui veut clairement dire «Prend la place fille, t'as le droit.»

J'enlève mes écouteurs et je demande à la fille si elle peut tasser son sac, parce que j'aimerais m'asseoir.
Elle me dit non. Je dis «s'il te plaît».
Elle dit qu'elle ne se sent pas bien. Je dis que j'aimerais m'asseoir quand même.
Elle dit qu'elle se sent agressive et qu'elle veut rester assise seule. Je dis que je ne la toucherai pas, je veux juste m'asseoir et le banc est libre.
Elle met ses jambes sur le banc en me disant que maintenant il est pris. Je lui dis qu'il n'est pas vraiment pris, si elle s'assoyait comme du monde, s'il te plaît.
Elle me dit décâlisse ou je t'en crisse une. J'ai remis mes écouteurs. En restant debout.

J'aurais pu continuer à m'obstiner, à argumenter, j'aurais même pu m'asseoir sur ses jambes ou l'infantiliser en lui parlant comme si elle était attardée. Crever l'abcès comme on dit. Mais je ne suis pas de nature violente. Je n'étais pas prête à me battre. Je n'ai jamais donné un coup de poing de ma vie. Une fois j'ai tordu le bras de ma soeur quand j'avais 10 ans. Et je lui ai éternué dans la face. Je ne suis pas une vraie bagarreuse.
Mais elle (la fille du métro, pas ma soeur) elle avait une vibe de «j'ai déjà fait de la prison et je prends des cours de «anger management» parce que c'était LA condition pour que je puisse sortir de taule».

Malgré tout (en fait, malgré le fait que j'ai abandonné la bataille du banc) je souriais. Parce que je n'en revenais pas. Tout ça pour une place assise dans le métro?
Et je ne suis pas la seule qui souriait. Pas mal tout le monde dans le wagon souriait. D'étonnement devant son attitude et d'encouragement devant la mienne.
Et c'est là que j'ai compris que si elle avait essayé de me toucher, j'aurais eu du support.
J'avais une armée invisible.

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