mardi 28 février 2012

Marie-Noëlle

Je pense que Marie-Noëlle n'aime pas sa job.
Elle ne sourit pas.
Ne parle pas, sauf quand c'est nécessaire, et la couleur de son uniforme n'avantage pas son teint.

Et je me demande, est-ce qu'elle n'aime pas sa job parce qu'elle a une attitude négative par rapport à la job en question ou bien est-ce qu'elle a développé une attitude négative à force de faire sa job?
Oui, je me pose des questions existentielles.

Parce que Marie-Noëlle n'aime pas sa job.
Mais Suzanne, qui n'est pas très loin, elle l'aime.
Et pourtant, elles font la même job.
Suzanne sourit, dit «Bonjour» et «Bonne journée». Mais elle non plus, son uniforme n'avantage pas son teint.

Et je remarque qu'on attire ce que l'on dégage.
Marie-Noëlle n'aime pas sa job.
Ça paraît.
On n'a pas le goût de lui faire des petites jokes, de lui sourire ou même de la regarder dans les yeux. (Ok, je l'avoue. Je lui ai dit «Merci bonne journée» en espérant la voir sourire, même pas obligé de voir de dents là, juste un petit sourire, mettons même pas un sourire, juste une grimace vers le haut...Mais ça n'a rien donné. Avec le regard qu'elle m'a lancé, je me suis sentie sale d'essayer. Ses yeux voulait dire «Fille, est pas encore née la personne qui va me dérider ne serait-ce qu'une fraction de seconde.Retourne vivre dans ton monde de princesses et laisses-moi tranquille.»)

Mais Suzanne...elle on a le goût de lui jaser.
De lui faire des jokes (qu'elle va rire même si ça fait 47 fois qu'elle les entend), de lui sourire, de sortir du magasin en espérant oublier de quoi pour avoir un prétexte pour aller la revoir. Ce n'est pas avec elle que j'avais à faire (ou affaire?), mais j'avais le goût de lui envoyer la main, de parler à son boss pour qu'elle aille une promotion.

Pas de chance. J'étais avec Marie-Noëlle qui n'aime pas sa job.
On attire ce que l'on dégage.
C'est pas parce que tu es une caissière de Maxi que tu es obligé d'agir comme une caissière de Maxi.
Regarde Suzanne.
Je suis certaine que ses shifts passent plus vite que ceux de Marie-Noëlle.
Marie-Noëlle, même si tu n'aimes pas ta job, souris.
Ça va peut-être changer de quoi.
:)

jeudi 23 février 2012

Je suis une tueuse

Je suis une tueuse.
Une assassine.
Mais j'ai le meilleur argument de la vie: c'est pas de ma faute.

Je suis une tueuse en série de plantes.
Je n'ai pas le gène «pouce vert».
Je suis le cauchemar de toute plante en pot, je suis leur histoire de peur, leur Bonhomme Sept Heure.
Quand j'arrive dans un magasin de plante (je sais pas comment ça s'appelle...un fleuriste? Un plantiste? Un botanitarium? Peu importe!), j'ouvre la porte et je les entends crier «Non, non, non! Pas elle!!! C'est la faucheuse! Vite tous aux abris!!!»

Le pire dans cette histoire, c'est que j'aime ça, les plantes.
Je trouve ça cute, je trouve que ça met de la vie, c'est une responsabilité pas trop lourde...sauf pour moi.
J'ai sur la conscience la mort d'une trentaine de plantes en pot.
J'ai déjà réussi à tuer des cactus. Et des fleurs de plate-bandes. Et des fines herbes.
Je ne sais pas ce que je fais de mal, je suis pleine de bonnes intentions, mais y'a rien à faire.
Je tue toutes mes plantes, sans exceptions.

Peut-être que je n'ai pas une bonne aura pour les plantes. Peut-être que les plantes n'aiment pas mon appart. Il n'est peut-être pas feing shui pour elles. Peut-être que sans le savoir, je leur envoie des ondes négatives parce que j'ai un souvenir refoulé de mon enfance en lien avec une plante et de l'amour parental.

Peut-être aussi que c'est parce que j'oublie de les arroser pendant 2 semaines et que quand je m'en aperçois, je me dis que je vais me rattraper en les immergeant d'eau, comme si c'était le déluge de Noé.
Et qu'ensuite mon chat va les déterrer et se roule dans la terre pendant que ma pauvre plante à les racines à l'air.
Et que j'essaye de ramasser la terre et de la remettre dans le pot mais qu'à chaque «déterrement» il en reste de moins en moins.
Et que je finis par me dire «C'est malsain cette relation chat-plante, je vais la mettre sur le balcon. On est en mars, mais il a l'air de faire chaud!» Immanquablement, ma plante fini par tomber du balcon avec un coup de vent pour atterrir dans la cour du voisin et je suis trop gênée pour aller la chercher. De toute façon, rendu-là, c'est de l'acharnement.

Non vraiment, je ne sais vraiment pas c'est quoi mon problème avec les plantes.
J'espère juste que je vais être meilleure avec mes enfants.

mardi 21 février 2012

Des attentes

Dans le vie, je suis souvent déçue.
Parce que j'ai des attentes trop élevées.
En fait, je ne sais pas si c'est parce que j'ai des attentes trop élevées ou parce que j'ai trop d'imagination et un budget illimité dans ma tête, mais d'une façon ou d'une autre, ça revient au même.

Et les deux meilleurs exemples que je peux donner, histoire que vous compreniez bien mon point, sont les suivants (et sont réels).

Quand j’étais au primaire, on a fait une pratique d’alarme de feu (le classique que tout le monde fait. Mais pour une raison inexpliquée, c'était ma première «fausse alarme de feu», même si j'étais en 3e année). J’avais hâte.
J’ai toujours été dramatique, extrême avec une imagination fertile. Je m’étais préparé à paniquer, à courir à contre-courant pour aller chercher le médaillon de ma grand-mère décédée et à crier partout «Mon bébé! Mon bébé! Où est mon bébé!» J’avais vu ça dans un film et je trouvais ça ben impressionnant.

Je pensais aussi que, quand l’alarme allait sonner, on allait sortir de nos classes et il y aurait vraiment du feu.
Mais là je suis pas conne, je savais que c’était une pratique. Mais je pensais quand même qu'on serait en présence de feu, juste pour le trip, pour ajouter un élément d'urgence: du feu dans un bocal ou sur des torches. Avec aussi des poutres qui tombent du plafond, pis de la boucane, pis un pompier mort (ben pas vraiment mort, mais qui fait le mort ou pas...dans le fond c'est pas vraiment important).

Mais non! L’alarme sonne, tout le monde prend son rang super calme, en silence, on sort dans les couloirs qui sont...pareils comme d’habitude. J’étais pas super contente. J’étais même vraiment déçue. Elle aurait pu se forcer la secrétaire, elle a juste ça à faire, construire des décors pour me satisfaire, moi petite fille de troisième année!

Et en grandissant, j’ai continué à avoir des attentes grosses de même pour finalement être toujours déçue. Mettons là… J’ai toujours voulu embarquer des pouceux (je suis wild de même!).
J’avais une image claire de comment ça allait se passer : je les embarque, on a du fun pendant toute la ride, on joue à des jeux, on apprend à se connaître, on tombe en amour, c’est le party tout le long. C’est un tournage de vidéoclip!
Ou sinon, je les embarque, ils sont un peu creepy, ils m’assassinent dans un rituel satanique, quelques années plus tard il y a un film sur mon histoire. Y’a de l’action!
Je croise des pouceux sur la route, je me dis : «Tiens, je feel pour faire un rave dans mon char ou pour me faire tuer brutalement.» Je les embarque.
C’était tellement plate!
Tellement, tellement, tellement plate!

C’était des hippies, pas cute, qui ont dormi toute le long en puant.
Pis quand ils ne dormaient pas, ils me demandaient : «Peux-tu changer de toune? Je peux-tu fumer? Peux-tu montez ta fenêtre? Peux-tu redresser ton banc? Peux-tu me passer ton chandail, j’ai froid» Tsé, y’en a une solution pour que tu sois à l’aise.
Achètes-toi un char!

vendredi 17 février 2012

Clairement, cette semaine, je ne suis pas structurée. (Vous ne le saviez sans doute pas, alors je vous l'annonce: cette semaine, je ne suis pas structurée). Pour rester dans ma thématique de la semaine, ce post ne le sera pas non plus.

Quand je vois des camions de pompiers qui passe à toute vitesse sur la rouge, avec leurs lumières qui flashent et leurs sirènes dans le tapis, ça me fait le même petit feeling que quand on est dans un ascenseur et qu'on a un petit haut le coeur (le même genre de haut le coeur qu'on a en haut d'une montagne russe, à ne pas confondre avec le haut le coeur «j"ai le goût de vomir»)
Et je suis déçue de ne jamais voir de feu.

Cette semaine, j'ai vu le sosie de Nolé Marin. Son sosie. Il était pareil, pareil, pareil: la shape, le look, les cheveux, il avait même un petit chien identique! Je suis passée à 2 doigts d'aller le voir, pour lui dire que je l'aime bien. Je l'ai dit aux gens qui étaient avec moi. Pas de réaction. Et c'est là que j'ai compris que je suis probablement la seule qui a le référent de «qui est Nolé Marin». (Ok, j'exagère, on doit être à peu près 7).

Je trouve ça fascinant d'écouter les gens s'écouter parler. Souvent (ben peut-être pas si souvent que ça, mais ça arrive plus souvent qu'on le pense, on va le dire de même), tu jases avec quelqu'un. Mais tu ne dis rien. Tu assistes à une représentation, à un monologue, à une pièce de théâtre en un acte dont tu es le seul spectateur (ce qui rend la chose vraiment complexe si jamais tu trouve la pièce plate et que tu veux quitter). J'aime mieux les échanges à 2 que les monologues. Je suis folle de même!

Parlant de conversation lourde, j'ai eu droit à une des pires de mon existence hier. Je ne m'en suis pas mêlée mais j'en ai tout de même été témoin. C'était un cliché. Le pire plus gros cliché du monde entier là, de même, devant mes yeux. Je m'explique encore mal ma présence dans cette scène. Deux gars parlent. Deux hipsters (ou plateau ou Mile Ends, ça revient toute au même). Et devant moi, il y a eu de la masturbation mentale. D'une lourdeur. Sur un ton condescendant (même s'ils avaient l'air d'être des amis), ils se sont mis à parler d'économie, de crise sociale, de philosophie. Mais en utilisant des termes qui les FAISAIENT paraître plus brillant qu'ils ne l'étaient en réalité. La preuve? J'ai tout compris de leur échange. Ils voulaient seulement étaler leurs connaissances et ça y allait à qui mieux-mieux dans le name dropping de philosophe et d'économiste vraiment très connu au 18e siècle. Les gars (même si je n'en fais pas partie) votre conversation est lourde et vide à la fois. Jasez donc de votre fin de semaine à la place!

Pis c'est ça là.
J'ai rien d'autres à ajouter.
Pour le moment.

mardi 14 février 2012

Complexe

J’ai un complexe dans la vie.
Bon, pas juste un mais je vais pas commencer à énumérer ce qui me dérange chez moi.
Premièrement, on ne se connait pas tant que ça et deuxièmement...j'ai d'autre chose à faire de ma journée!
Je n'ai pas envie de vous casser les oreilles avec mes gros mollets pis mon grain de beauté géant sur l’omoplate.

Mon complexe numéro un, c’est mes pieds.
Je trouve qu’ils sont trop grands et trop plats et trop…pieds.
C’est laid des pieds et c’est encore plus laid quand c’est grand. Parce que t’en a plus.
Je porte du 9 et je l’assume pas vraiment. (Oui, vous avez le droit de faire une face de dégoût, ça ne me dérange pas!)

Porter du 6 ça sonne bien.
Du 7 et du 8 aussi. Mais du 9...du 9!! T'as pas le choix de le dire avec une voix d'homme des cavernes on dirait! 9. 9. 9.
C’est peut-être juste dans ma tête, mais je trouve que ça sonne masculin, ça sonne orque(comme dans «Le seigneur des anneaux»), ça sonne mâle.
Tu portes pas des ballerines pis des talons hauts quand tu portes du 9, tu portes des bottes Sorel pis des raquettes.
Pis une fois de temps en temps tu marches nu-pieds pour pas faire de bruit dans la forêt pendant que tu chasses l’ours à mains nues!

Mais je le redis, c’est peut-être juste dans ma tête que ça se passe de même.
Ce qui me gosse, c'est que je ne mesure pas 6 pieds 4 pour avoir des grands pieds de même.(Quoique si j'étais aussi grande, ça serait sans doute une autre source de complexe) Non, 5 pieds 5.

J’ai l’impression d’être disproportionnée, d’être un phénomène de foire. Mes pieds sont grands comme mes bras! (Ok, pas TANT que ça, mais j'ai déjà mentionné mon sens de l'exagération aigüe non?)
C’est normal que j’aille de l’équilibre.

En tant que non-assumée des grands pieds, j’ai développé des trucs.
Quand je vais magasiner des souliers, je demande des 8. Quand la vendeuse revient, je lui demande : «Est-ce que je pourrais avoir un point plus grand svp?» Comme ça j’ai pas besoin de dire à vois haute «le 9 de la honte».

Dans le fond, on ne guérit jamais vraiment de nos complexes.
On apprend à vivre avec.
Et on s'entoure d'amis qui ont des plus grands pieds que nous (dans mon cas!)
Je suis sortie de l'ombre, maintenant c'est votre tour!
C'est quoi votre complexe? (et vos trucs, d'un coup que j'aurais le même!)

samedi 11 février 2012

La vérité vraie

Ma mère a toujours raison.
Adolescente, je ne la croyais jamais.
Jeune adulte, je doutais toujours un peu.
Aujourd'hui, j'ai accepté qu'elle détient la vérité absolue.
Elle a toujours raison.
Et elle est la personne qui me connait le plus sur la Terre entière.
C'est aussi simple que ça.

jeudi 9 février 2012

Cher tout le monde (surtout ceux qui conduisent)

Cher tout le monde (mais particulièrement ceux qui conduisent),
j'aimerais vous dire quelques petites choses, histoire que la vie en générale (sur les routes) soit plus agréable:

-Klaxonner dans le trafic ne vous fera pas avancer plus vite.
-Coller le derrière de la voiture devant vous pour que personne ne puisse changer de voie ne vous fera pas gagner de temps.
-Rouler dans la ligne de gauche et couper à la sortie dans la ligne de droite, pleine de gens qui attendent patiemment leur tour ne fait pas de vous des génies de la route.
-Rouler comme un malade dans une rue résidentielle, c'est pas impressionnant, c'est dangereux.
-Changer de voie pendant que tu parles au cellulaire sans faire tes angles morts et faire un fuck you quand quelqu'un te klaxonne afin d'éviter un accident n'est pas une réaction appropriée.
-Ne pas laisser passer des piétons sur une lumière, c'est niaiseux. Tu ne vas pas te mettre en retard.
-Ne pas mettre son clignotant, c'est pas cool, c'est juste dangereux.
-Quand le beat que tu écoutes dans ton char fait bouger le mien, ça veut dire que tu vas avoir des acouphènes bientôt. Tu l'aimes ta musique mais ne vient pas gâcher la mienne. Quand je te regarde, je ne te trouve pas cool, je te juge.

Aussi: si tu achètes une voiture qui se stationne toute seule, qui t'avertie quand tu as de quoi dans ton angle mort ou qui fait toutes autres manoeuvres qu'un conducteur devrait faire, engage-toi un chauffeur.

Bref, ce que j'essaye de dire c'est: si tu ne sais pas conduire prends le transport en commun.
Y'a un pas pire réseau à Montréal et dans le 450 et en plus, c'est écologique.
Parce que sérieusement, tu rends les déplacements en auto désagréables.
C'est pas normal que quand je pars du point A et que j'arrive au point B, je suis de mauvaise humeur à cause de gens que je ne connais même pas.
Si tout le monde fait un petit effort, ça me ferait vraiment plaisir!

mardi 7 février 2012

Si tu avais le choix?

On joue à «si tu avais le choix, ok?
(Je ne suis même pas en char »en ce moment, je suis chez moi...avec du travail à faire...alors j'ai le goût de tout faire, sauf le travail en question. D'où ma proposition de jouer à «si tu avais le choix»)

Pour les non-initiés, je vous donne 2 choix et vous devez en choisir UN. Obligatoirement.
Pas le droit de dire «les deux» ou «aucun» ou «je passe mon tour» ou «c'est trop dur» ou n'importe quelle autre raison bidon, ok?
Vous devez aussi JUSTIFIER votre choix, très important.

Vous êtes prêt?
On commence avec un facile:
1- Si tu avais le choix entre une crème glacée dure au chocolat OU une crème glacé molle à la vanille?

BON! Maintenant qu'on est réchauffé, on continue.
(Vous allez voir, je pose vraiment des questions qui font réfléchir!)

2-Si tu avais le choix entre TOUJOURS porter un sombrero OU ne jamais pouvoir te faire couper les cheveux?

3-Si tu avais le choix entre toujours commencer tes phrases par «Moi ma mère a pense que...» OU finir toutes tes phrases par un rot sonore suivi de 3 hochements de tête?

4-Si tu avais le choix entre manger un poisson rouge avant chaque repas OU toujours être suivi par une meute de chien dès que tu sors de chez vous?

5-Si tu avais le choix entre éternuer du poivre de cayenne OU ta salive goûte le vinaigre?

6-Si tu avais le choix entre avoir une main en éponge OU une oreille en métal?

7-Si tu avais le choix entre toujours piler dans une flaque d'eau de 10 cm de profondeur en sortant de chez vous OU toujours chercher tes clés pendant 15 minutes avant de partir?

8-Si tu avais le choix entre ne jamais pouvoir te moucher OU ne jamais pouvoir te gratter?

9- Si tu avais le choix entre toujours entendre de la musique de club OU rire comme un épais hystériquement à chaque mauvaise blague que tu entends?

10- Si tu avais le choix entre éternuer des oeufs OU péter des poussins?

Maintenant, peu importe les décisions que vous avez à prendre aujourd'hui, je suis certaine qu'elles vous semblent faciles comparé à tout ce que je viens de vous demander...
Mais la vraie question demeure: c'est quoi vos choix?!

vendredi 3 février 2012

Séduction 101

Je suis nulle pour tout ce qui touche à la séduction.
Un gros zéro.
Que je sois le cruiseur (donc la personne qui essaye de séduire) ou la cuisse (la personne que l'on cherche à séduire), je ne fitte pas dans aucun rôle.

Quand je trouvais un gars de mon goût et que je décidais de flirter avec, ça finissait toujours par des phrases inutiles, un sourire de malaise, une provocation non-voulue, un bye un peu frette et la certitude qu'il ne me rappellerait pas. Ça, c'est quand je ne mêlais pas d'alcool à tout ça «pour me donner du courage». Alcool ou pas, le résultat était toujours aussi lamentable.

De l'autre côté, quand quelqu'un flirt avec moi...je ne le vois pas. Je me dis «Ho, il est vraiment très gentil et attentionné, je suis certaine qu'une telle de mes copines l'aimerait bien!» Même encore aujourd'hui...je suis en couple et ça arrive que je rencontre du nouveau monde. Je passe ma soirée à jaser avec un gars et je pogne l'air bête quand il me demande mon numéro de téléphone.
Soit que je ne l'ai pas du tout vu venir, soit que je suis beaucoup cynique et désabusé de la vie.
Comme la fois où un gars m'a demandé mon numéro de téléphone dans un bar et que je lui ai répondu: «Et tu le veux pour qu'on fourre ou pour apprendre à me connaître et que je te présente éventuellement à ma mère?» (Il est parti avec une fille ce soir-là. Et ce n'était pas moi.)

Il y a des gens qui sont doués pour flirter, il y a du monde (comme moi) qui sont des dummies...et il y a ceux qui PENSENT qu'ils sont en business mais qu'en réalité...ils ne le sont pas pentoute!
Et j'ai eu droit à une démonstration majeure dernièrement.

Je suis au restaurant (pas DU TOUT un McDonald, de quoi tu parles?!) et je mange toute seule tranquillement en écoutant les nouvelles sur mute.
Arrive un gars avec ses amis. Il est bien réchauffé (pas dans le sens de «je porte beaucoup de chandail, je suis au chaud» mais dans le sens de «j'ai bu plus que j'aurais dû»). Il me spotte et vient me jaser ça en ayant de la misère à se tenir droit. Je le trouve divertissant et pas méchant, alors on parle un peu.
Ou plutôt il parle et je ris parce que vraiment, ça ne fait pas de sens ce qu'il dit. («On va se marier avec un McFlurry et moi je vais te rendre heureuse.» Hum...) C'est du flirt de soulon.

Moi je sais que ça s'en va nul part.
Lui, il est convaincu d'être Casanova.

Il me fixe dans les yeux, il fige et il me dit «Haaaannnn tes yeux...sont fous...ils me font penser aux yeux du père de mon ami!»
Je ris. Je le regarde. Je souris.
Et je décide qu'il est temps pour moi de partir.
Je réponds: «Mes yeux te font penser à ceux d'un dude? C'est pas un peu gai?»

J'ai utilisé le truc le plus vieux du monde: mettre en doute sa masculinité.
Je suis partie.
Et il était songeur devant son trio Big Mac.