jeudi 31 mai 2012

Niveau de peur

Je me questionnais dernièrement (je suis une fille de même!)
Plus précisément, je me questionnais sur les niveaux de peur.
C'est quoi la hiérarchie des expressions? LA façon exactement de décrire une peur ressentie afin que tout le monde comprenne bien ce que l'on a vécu?
(Oui, ça peut sembler être un genre de questionnement qu'on a plus en octobre qu'en mai mais pareil...j'ai pensé à ça)

Et voici mes conclusions (un peu plus et je dépose une thèse de doctorat!)
Mon top 5 des expressions. La première étant la moins épeurante et la dernière étant le top du top. Celle que quand tu l'emploies, les gens sont surpris que tu sois encore en vie tellement tu as eu peur.

1-Faire le saut
Tu ne vas pas te réveiller la nuit pour y penser. Ça dure 3 secondes, plus le 2 minutes où tu traites la personne qui t'a fait peur de cave et c'est terminé.

2-Avoir la frousse
Ça sonne pas très viril, avoir la frousse.  Ça sonne carnaval: «J'ai eu la frousse et j'ai mangé de la barbe à papa!» T'as la frousse dans la maison hantée, pas quand tu te fais poursuivre dans une ruelle.

3-Avoir peur
C'est safe. C'est un niveau moyen, ordinaire, correct.
Rien de spectaculaire, rien de dangereux, mais ça vaut quand même la peine que tu le racontes (en rajoutant des détails pour que les gens écoutent ton histoire jusqu'au bout). Mais mettons que cette aventure ne se retrouvera pas dans ta biographie (si jamais tu en as une).

4-Avoir la chienne
Ça, c'est solide. T'as pas la chienne pour n'importe quoi. T'as pas la chienne à l'épicerie ou devant une araignée (à moins que se soit une araignée géante avec un gun) Mais quand tu l'as, tu peux être certain que tout le monde va te demander de raconter ce qui t'es arrivé, tu vas être une vedette (de ton cercle d'amis on s'entend). C'est toi qui détient l'histoire que personne ne peut en rajouter après. C'est pas rien.

5-Être terrifié
Le terme terreur est le mot suprême pour parler de la peur. Quand tu vis quelque chose de terrifiant, tu gardes des séquelles, tu deviens comme un chevreuil devant des phares: tu figes, tu as des flashback, tu vas consulter, tu fais un arrêt cardiaque, tu as toujours l'air sombre et tu ne souris jamais et tu développes une phobie quelconque (c'est ma théorie, bien sûr).
Je tiens d'ailleurs à dire un petit mot à tous les producteurs de film qui OSENT mettre le mot «terreur» dans un titre: non. Arrêtez. C'est toujours décevant. Terreur devrait être un mot banni du monde cinématographique.

Personnellement, je n'ai jamais été terrifiée.
Mais j'ai déjà eu la chienne (et peur, et la frousse et fait le saut).
À cause de Mr. Halloween.
J'en parlerais une autre fois. Je ne suis pas prête encore.

lundi 28 mai 2012

La madame et la casserole


Ce matin, j'ai eu une pensée pour une petite madame (que je ne connais pas).
Il y a de cela environ une semaine, alors que le «mouvement casserole» en était à ses débuts (c'était la première ou deuxième soirée du mouvement, je ne me souviens plus), j'étais sur mon balcon.
Et je me donnais.

Je redeviens une enfant, je m'emporte, je fais des beats (que je perds automatiquement parce que j'ai pas le sens du beat), je varge, les bras dans les airs, je souris et des fois, même, j'accompagne mon bang bang d'un cri. Je suis dedans.
Donc un soir, (au début du mouvement, je le rappelle), je suis toute seule sur mon balcon, avec ma casserole et ma cuillère de bois. Et je tape.
D'autres gens sur la rue en font autant.

Une madame passe (celle pour qui j'ai eu une petite pensée ce matin). Lève la tête (j'habite au 2e étage) et me dévisage. Mais avec une de ces faces...si ma mère m'avait fait cette face-là, je serais rentré m'auto-mettre en punition dans ma chambre.
Dans ce petit visage de madame, il y avait tant de choses.
De la réprobation, du jugement, du découragement et du dégoût.
Et tout ça dans un seul regard.

Même quand je juge quelqu'un sévèrement (et Dieu sait que je suis bonne pour faire des faces de jugement et d'incrédulité), je n'ai pas autant de puissance dans les yeux que cette madame-là.

Et elle n'a pas fini de juger. Parce que je ne suis pas la seule qui fait ça. 
Ça dû être la marche la plus forçante de tout les temps pour sa face. 


Et j'ai pensé à elle ce matin, après une autre soirée de casseroles coin Saint-Denis et Jarry.
Parce que vraiment, si elle a continué dans cette voie-là (la voie du jugement sévère envers les casseroleux), sa face doit avoir gelée dans cette position.
Fini les sourires pour cette madame-là, juste des hochements de tête et des babounes!

Pauvre madame.
J'aimerais ça la recroiser. Et lui tendre ma casserole et ma cuillère.
(Je l'ai fait ça d'ailleurs. Bon c'était pas à une madame de 50 ans qui semblait réprouver le mouvement. C'était à une petite Péruvienne de 4 ans qui était fasciné par ces adultes et enfants qui faisaient autant de bruit. Mais elle a trippé. Il a fallu que son père lui dise de me redonner ma cuillère et ma casserole parce qu'elle allait partir avec. C'était un beau moment entre étrangers, improbable dans tout autre contexte)
Juste pour qu'elle essaye.
Je suis certaine qu'elle se laisserait emporter par le plaisir de fesser et de faire du bruit, sans se soucier de ce qu'elle a l'air.

Tsé, avant, je n'aimais pas les kiwis. Et j'y ai goûté.
Et maintenant j'aime ça.
C'est le même principe avec «fesser sur une casserole en public pour protester»

Je m'adresse à cette madame (et à tous les autres qui sont comme elle).
Avez-vous essayé?
Au pire, faites-le tout seul, dans votre cuisine.
Vous allez voir, vous allez avoir la piqûre!



mercredi 23 mai 2012

Mouvement étudiant

Le mardi, 22 mai, 100e jour de grève.
J'étais là et j'étais fière.



Les casseroles, dans Villeray.
On ne voit pas bien, mais sur le chandail de la demoiselle, c'est écrit: «On dit loi spéciale pour ne pas dire loi débile.»
J'ai été là pendant 1 heure, à m'en donner à coeur joie avec mon couvercle de casserole et ma cuillère de bois.





lundi 21 mai 2012

Jean Charest (mot tabou)



Je n'aime pas Jean Charest.

Je ne l'ai jamais rencontré en personne et je suis pas mal certaine qu'il ne doit pas être si pire que ça, le dimanche après-midi quand il est en charge du barbecue à côté de la piscine et qu'il prend une bière avec ses beaux-frères.
Peut-être même que je l'aimerais bien, Jean Charest, s'il était plombier ou comptable ou avocat ou même brigadier.

Mais là est le problème: il est Premier Ministre.
Je reformule donc ma phrase d'introduction: je n'aime pas le Premier Ministre Jean Charest, ainsi que son gouvernement.

Je ne suis pas callée en politique, je n'ai pas de maîtrise, je n'ai jamais eu de cours (sauf en secondaire 4, je l'ai passé haut la main mais depuis, j'ai pas mal oublié les notions), je ne peux pas citer le nom de tous les ministres, ni même expliquer clairement le fonctionnement de l'Assemblée Nationale (ou tout autre chose du genre).
Mais je me renseigne. Je lis les journaux, je pose des questions, je regarde ce qui se passe.
Et même si je ne suis pas docteur en politique, je peux affirmer une chose: ça ne fait pas de sens.

Ce qui se passe en ce moment, dans les rues, dans notre province chérie, dans notre «démocratie» (je n'ai plus vraiment le choix de le mettre en guillemets, ce mot) est inacceptable.
Les vidéos qui circulent, les articles de journaux, les sondages biaisés, les témoignages...tout me fait mal.

Souvent, j'en ai les larmes aux yeux. J'enrage.
Je me sens impuissante.
Mais je porte le carré rouge fièrement. Et ça me fait du bien.

Comment Jean Charest ne peut-il pas voir ce qu'il est en train de faire subir au peuple, aux citoyens?
Est-il aveugle, dans sa tour de cristal? Est-il insensible à la douleur, aux besoins des uns et aux abus des autres?

Je n'aime pas Jean Charest.
Je ne le connais pas personnellement, et je suis pas mal certaine qu'il ne doit pas être si pire que ça, le dimanche après-midi, quand il tond le gazon pendant que sa femme étend du linge sur la corde. Je suis certaine qu'il doit raconter des bonnes blagues à ses collègues de travail et peut-être même donner des tomates de son jardin à ses voisins. Il est sûrement gentil.

Mais tsé, par le passé, je suis certaine que certaines personnes trouvaient aussi que Hitler était gentil, quand il amenait des bonbons à la fillette d'un de ses généraux.
Quand tu es un dirigeant, ce qui compte, ce n'est pas ton niveau de gentillesse dans ta vie privé.
C'est ce que tu fais avec l'État dont tu es le chef. C'est tout ce qui compte pour l'Histoire.

(Si jamais vous n'avez plus de mes nouvelles, c'est que l'on m'a arrêté. Sans doute les policiers diront-ils que nous étions 51 dans mon salon lorsque j'ai écrit ces lignes...)

En terminant, je citerais Che Guevara (pas l'image sur les chandails, le vrai. «Quoi? Il a déjà existé?? C'est pas juste un dessin de personnage pour être cool??»)
«Un peuple uni, jamais ne sera vaincu.»

Alors, restons unis.

dimanche 20 mai 2012

Je n'aime pas...

Je n'aime pas les gens qui siffle.
Ça me donne le goût de les dévisager (ce que je fais) et de les puncher dans le ventre (ce que je ne fais pas).

T'as le droit de siffler dans ta maison (si je ne suis pas là), dans ton bureau (à condition qu'il soit insonorisé) ou dans un band de musique, quand le chanteur crie «Solo de sifflage!» (je ne pense pas que se soit jamais arrivé, mais on ne sait jamais!).

Ce qui me gosse, c'est quand je suis dans une situation où je ne peux pas m'en aller et que toi, tu décides de siffler.
Quand je suis dans le métro, en ligne à l'épicerie (ou dans n'importe quel autre commerce), quand j'attends l'autobus, quand je marche sur le trottoir...dans pas mal toutes les situations, c'est désagréable d'entendre quelqu'un siffler.

Parce que personne (et là, je suis désolée si je t'apprends quelque chose et que je pète ta balloune et tes espoirs de carrière), personne, personne, personne AU MONDE ne siffle bien. Personne ne sait siffler. Personne n'est agréable à entendre siffler.
Ça gosse entendre quelqu'un siffler. Ça me donne mal à la tête, et automatiquement, je me dis que cette personne doit être désagréable.
Elle siffle dans un endroit public, imagine ce qu'elle fait quand elle est chez elle. Sûrement qu'elle tue des bébés phoques et vote conservateur.

Y'a une légende urbaine qui dit que chaque personne qui siffle en public est un envoyé du Diable pour semer le chaos sur la Terre. Moi j'y crois.

Je ne peux pas m'empêcher de dévisager une personne qui siffle.
Et hier, quelqu'un n'a pas compris le message.
Il siffle.
Je le dévisage (tsé, avec cette face-là, la face de jugement que je fais souvent là? En tout cas, cette face-là) et il a pris ça pour un encouragement. Alors il s'est mis à siffler de plus bel (et plus fort). Je le redévisage avec une coche de plus de réprobation dans les yeux. Il siffle de plus bel. Cet homme aime vivre dangereusement.
Si j'avais été en char, je lui aurais roulé dessus (ben non, c'est pas vrai. Je lui aurais juste bumper les rotules, juste pour lui faire un peu peur) mais j'étais à pied. Je me suis donc mise à chanter à tue-tête «I'm sexy and I know it».
Mais pas très longtemps. De peur qu'il vienne m'accompagner en sifflant.

Voilà.
Je n'aime pas les gens qui sifflent dans des endroits publics.
Dans un même ordre d'idée, je n'aime pas ceux qui parlent au cellulaire super fort.

Je n'aime pas ceux qui sont en gang dans le métro et qui font leur show en parlant super super SUPER fort. T'as des amis, bravo. Moi j'essaye de lire et tes histoires de «Jess a fait ci et ça» ça ne m'intéresse pas. Je ne la connais pas Jess.

Je n'aime pas ceux qui écoutent leur musique super fort dans leur char à une lumière rouge (au coin de Saint-Denis et Jarry mettons, juste pour donner un exemple). T'as le droit de mettre ta musique dans le tapis quand tu roules sur l'autoroute. Pas quand tu es en ville et que les gens de l'autre côté de la rue ne peuvent pas s'entendre parler. En plus, le 3/4 du temps, c'est même pas de la bonne musique.

Je n'aime pas ceux qui font du vélo sur le trottoir.
Ni ceux qui font du bixi et qu'à chaque 2 coups de pédale, tu as l'impression qu'ils vont planter.

Je n'aime pas non plus le gouvernement de Jean Charest. Je n'ai jamais voté libéral de toute ma vie et là, j'ai eu la certitude que je vais continuer dans cette lignée. Je ne veux pas vous dire quoi faire ou ne pas faire. Mais si tu votes libéral, tu entres dans la catégorie de gens qui sifflent en public.
Je dis ça de même.

mardi 15 mai 2012

Préjugés

OK!
Je vais le dire tout de suite.
Je l'avoue. J'ai des préjugés.
Tout le monde en a (en particulier ceux qui disent «Moi j'en ai pas de préjugés!», ceux-là, c'est les pires.)
Je me suis rendue compte que j'ai des préjugés envers les femmes enceintes.

Je vous le jure!
En fait, je ne sais pas si c'est un préjugé ou un raisonnement de marde, mais dans les 2 cas, je trouve que ça se rejoint.
Je m'explique.

Quand je croise une femme enceinte (et là, c'est le printemps, alors on dirait qu'il y en a plus. Je ne sais pas si c'est vraiment parce qu'il y en a plus ou juste parce qu'elles n'ont plus de manteaux d'hiver pour cacher leurs bédaines, peu importe!), une femme enceinte que je ne connais pas, c'est très important dans l'histoire!

Bref, quand je croise une femme enceinte et qu'elle ne sourit pas, je me dis toujours «Ben c'est quoi, elle n'est pas contente d'être enceinte? Elle ne le veux pas son bébé? C'est un accident?»
Et j'ai réalisé que c'est un raisonnement stupide.
Mon préjugé est donc le suivant: quand tu es enceinte, tu es heureuse d'être enceinte. Tout le temps.

Et c'est vraiment un raisonnement de marde.
La femme qui est enceinte, elle est contente (ben, j'en déduit qu'elle est contente), elle va avoir un bébé.
Mais elle n'est pas obligé de sourire pendant 9 mois sans arrêt.
Moi, quand je la croise dans le métro avec sa bédaine, c'est la première fois que je sais qu'elle est enceinte.
Mais elle, elle le sait depuis un bout. Alors elle a eu le temps de s'habituer à la nouvelle.
Et on est dans le métro, à l'heure de pointe, à 7h45 am avec un monsieur qui sent le swing et un gars qui écoute du dance trop fort dans ses écouteurs. J'ai pas le goût de sourire et je la comprends si elle non plus, elle n'a pas le goût de sourire. Même si elle attend un bébé.

Et ça me fait ça partout.
Quand je croise une femme enceinte à l'épicerie, dans la rue, au restaurant, sur une terrasse, dans un char, au centre d'achat (Bon, est-ce que j'ai besoin de continuer mon énumération de lieux publics ou vous avez compris?), c'est immanquable, je me dis «Ben voyons, elle est ben bête!» ou encore «Comment ça elle n'est pas avec son chum, c'est une mère monoparentale?»
Parce qu'évidemment, quand tu es enceinte, il faut toujours que tu souris ET que tu sois avec ton chum pour prouver à des inconnus comme moi que tu n'es pas toute seule là-dedans, que c'est un choix commun et que SEIGNEUR que vous êtes heureux et choyés et fantastiquement en amour et que ce bébé est le prolongement de votre bonheur.

Sincèrement, je pense que je m'accorde trop d'importance dans la vie des autres.

Femmes enceintes, vous avez le droit de ne pas sourire pendant que vous montez la côte de Sherbrooke contre le vent avec une petite pluie fine qui pique les yeux en essayant de retenir votre parapluie. Je promets de plus vous juger.
Sauf si vous ne souriez pas en mangeant une crème glacée.
Là je vais vous juger. Mais ça n'aura rien à voir avec le fait que vous êtes enceintes.


vendredi 11 mai 2012

Dans le métro (prise 2)

Bon, cette semaine, je prends vraiment beaucoup le métro.
Et ça joue sur mon humeur.
Parce que je prends le métro à l'heure de pointe.
Ce qui me dérange dans l'heure de pointe, c'est pas l'heure en question, c'est le fait qu'il y a du monde.
Beaucoup trop de monde.
Et ce qui me dérange avec le monde (mis à part le fait qu'ils prennent des places assises qui me reviennent de droit), c'est qu'il y en a toujours qui ne savent pas vivre.
Qui ne respecte pas les règles non écrites du métro.
Ces règles que tout le monde connaît, que tout le monde respecte, sans avoir jamais suivi de cours pour ça.
Il existe des cours de conduite automobile. Il devrait y avoir des cours d'usager de métro.

Voici les 5 règles de base
Vous avez 2 options ici:
1-Être d'accord avec moi parce que vous êtes un habitué du métro et vous savez que j'ai raison
2-Apprendre des choses parce que vous ne prenez pas le métro souvent et appliquer les règles de base la prochaine fois que vous allez le prendre et ainsi éviter de passer pour un touriste

Règle no.1
Dans les escaliers roulants.
À droite tu prends ton temps, à gauche tu BOUGES!
Y'a rien qui me gosse plus que quand je veux monter vite et que je peux pas parce qu'il y a 2 Ginette côte-à-côte qui parlent de leur piscine pis de leur plate-bande (MOI? MOI j'ai des préjugés? Heille...). Et là, tout ceux qui veulent aller vite, ils pensent que c'est TOI qui ralenti le tout, parce qu'ils ne voient pas les Ginette. Et quand tu dis «Scusez», elles font semblant de ne pas t'entendre, parce que tu es une inconnue et elles savent qu'elles ne doivent pas parler à des inconnus, leurs maris les ont ben avertis (MOI? MOI j'ai des préjugés? Heille...). Bref, dans les escaliers roulants, si tu es lent, tiens-toi à droite, si tu clanches, tiens-toi à gauche.

Règle no.2
Enlève ton sac à dos.
Tu accroches tout le monde avec, tu prends de la place inutilement: enlèves-le et mets-le entre tes jambes.
Personne ne va te juger. Peut-être même qu'on va t'applaudir.
Quand quelqu'un proche de moi me touche et me bouscule avec son sac à dos (qu'il a sur le dos, bien sûr), j'ai juste le goût d'ouvrir son sac, de fouiller dedans, de prendre ses choses et de les lancer dans le wagons. Et je sais qu'aucun autre passager ne me «stoolerait», parce que dans le métro, tout le monde s'ignore et aussi parce que tout le monde se dirait «Bien fait pour lui! Il avait juste à ne pas la violenter avec son sac à dos.»

Règle no.3
Les sièges ne sont pas pour tes pieds, tes sacs ou ton bébé.
Les sacs et les pieds, ça arrive rarement pendant l'heure de pointe.
Mais ce qui me gosse le plus, c'est quand le métro est jam pack et tu as un parent assis et à côté de lui, sur un siège, son enfant.
Si l'enfant à 10 ans, il peut avoir son propre siège. Ce qui me gosse, c'est quand l'enfant a genre 1 an et qu'il a de la misère à se tenir assis tout seul. Non. Prends-le sur tes genoux et laisse la place à la vieille dame qui a une canne (ou à moi).

Règle no.4
Quand tu as une place assise, ne fait pas semblant de voir la personne qui a VRAIMENT besoin de ta place.
Je sais que tu es content d'être assis, mais n'ignore pas la femme enceinte, la personne âgée, le dude en béquille. Laisses-lui ta place. Oui tu vas être debout, mais tu accumules du bon karma.C'est pas négligeable.

Règle no.5
Quand tu es sur le quai, tu laisses SORTIR le monde avant de RENTRER dans le wagon.
Parce que quand tout le monde sort et que tu essayes de rentrer, tu ne vas pas plus vite, tu as juste l'air d'un stupide.
Et tout le monde rit de toi.

Maintenant, je vais en profiter pour faire une petite parenthèse sur ce qui s'est passé hier dans le métro.
Les bombes fumigènes, la «paralysie» du centre-ville, le métro fermé.
Oui, c'est plate. Oui, c'est enrageant. Oui, c'est pas correct.
Mais c'est pas la fin du monde. C'est pas un drame. C'est pas une catastrophe.
La polytechnique, ce qui s'est passé au collège Dawson, l'affaire Guy Turcotte. Ça, c'est des drames.
Ce qui s'est passé dans le métro hier, ce n'est pas un drame.
C'est un dérangement. Un contre-temps. Un mauvais tour.
Mais pas un drame.

Si tu considères que dans ta vie, c'est un drame, je pense que tu as besoin de vivre plus de choses.
Ou juste de lire le journal un peu plus.
Et de décentraliser son attention de sur ton nombril.
Je dis ça de même.

mardi 8 mai 2012

Dans le métro...

Je n'aime pas prendre le métro à l'heure de pointe.
Que se soit le matin ou le soir.
Je n'aime pas le métro quand il est bondé.
Il fait chaud, ça sent drôle (drôle dans le sens «ça pue drôlement par ici»), les gens sont dans ta bule, y'a toujours un stupide qui n'enlève pas son sac à dos et qui te frappe avec, et tout le monde convoite une place assise.

Parce que quand le métro est bondé, la chasse au siège est ouverte.
Tout le monde se place stratégiquement proche d'une personne assise en espérant qu'elle débarque à la prochaine station.
Tu la dévisage, tu la scrute, tu commences à la haïr.

«Check lui la face. Elle se pense tellement bonne parce qu'elle est assise. Je mérite tellement plus un siège qu'elle. Je suis certaine qu'elle passe sa journée assise devant un ordi, elle pourrait ben passer 15 minutes debout dans le métro. MOI je passe ma journée debout. Je mérite plus un siège qu'elle. Pis en plus elle a mal mis son mascara. Son chandail est vraiment laid. Je suis certaine qu'elle est conne.»

C'est tellement gratuit.
Mais je le pense profondément.
C'est comme si j'étais en transe.
Et dès que je sors à ma station, j'oublie totalement que je viens de souhaiter le malheur pour des générations à venir à une parfaite inconnue et je continue ma journée.

Et lorsque la journée finie, tout est sous contrôle.
Jusqu'à ce que je rembarque dans le métro, qu'il est bondé et que je reste debout.
Je me remets à dévisager, scuter et haïr la personne qui est assise proche de moi.
Je lui prédis un futur horrible et de la malchance pour les 8 années à venir. (Donc si votre vie va mal depuis un bout, ça se peut que c'est parce que je vous ai maudit sans le savoir dans le métro. Je suis sincèrement désolée. La prochaine fois, cédez votre siège!)
Je lui lance des mauvais sorts en m'imaginant assise à sa place, heureuse et sereine.
Dès que je sors du métro, j'oublie toutes les méchancetés que j'ai pensé parce que chez nous, je peux m'asseoir tant que je veux. Il n'y a pas d'inconnu qui prend le siège qui me revient de droit.

Bon, je sais que tout le monde a le droit de s'asseoir dans le métro.
Premier arrivé, premier servi comme on dit.
C'est pour ça que je ne vole pas la place de personne.
Je respecte la règle non-écrite.
Mais je pense quand même qu'au dessus de chaque siège où il est indiqué: «Réservé en priorité À (et là y'a un dessin de personne âgée, de femme enceinte et de jeune cool avec une casquette par en arrière blessé)» on devrait rajouter un icône.
Ma face.



vendredi 4 mai 2012

Enfin, les Avengers




Avengers.
Avengers.
AVENGERS!!!!!!!!

Bonheur et joie.
Enfin le film est sorti.
Et il sort quand précisément ce film?
Au moment où je suis super occupée et où je ne peux pas prendre 2 heures pour aller voir des superhéros sauver le monde sans me sentir excessivement coupable de ne pas être devant mon ordi.

En fait, mon homme et moi, on s'est dit qu'on irait le voir ensemble.
On se l'ai promis.
Et maintenant, on regrette un peu notre promesse.
Parce que je suis super occupée. Parce qu'il est super occupé. Et parce que nos moments de temps libres ne tombent pas en même temps.
Mais on ne peut pas briser notre promesse.
Parce que ça serait absolument insupportable d'habiter avec quelqu'un qui a vu le film.
Il veut t'en parler, mais sans trop en dire, il a les yeux brillants, le sourire aux lèvres et ça finit toujours qu'il te dit un punch.
Et là, la chicane pogne.
Parce que pour te venger, tu dis le punch d'un truc qu'il n'a pas vu et ainsi de suite.
Et ça dégénère.

J'ai dit à mon homme qu'aller voir les Avengers, ça serait son cadeau de fête (avec pop corn géant et liqueur-piscine inclus).
Il a tellement hâte qu'il a essayé de me faire croire que sa fête était hier.
J'ai failli tomber dans le panneau.
Mais je ne suis pas méchante. Je ne le ferais pas attendre jusqu'au 17.
Pas pour lui faire plaisir, mais parce que je sais que MOI, je ne serais pas capable d'attendre jusque là.

J'ai hâte d'aller voir le film.
Comme la plupart des vrais fans, j'ai vu tous les films «solos» des superhéros.
Et maintenant, je veux voir le film de «team».
Et les critiques sont bonnes. Et les previews donnent l'eau à la bouche. J'ai tellement hâte d'y aller.

Et j'ai un petit message pour ceux qui l'on déjà vu.
TAISEZ-VOUS!!!!!!!!!
Ne dites rien sauf «C'est bon».
Parce que le gars qui a mis comme statut facebook: «Spoiler Alert****Le film des Avengers fini avec....(je ne vous ferais pas le coup, parce que moi, j'ai de l'ÉTHIQUE et je respecte l'HUMANITÉ)» a vraiment gâché ma journée.
La prochaine fois que je le vois en vrai (si ça arrive), je vais le puncher dans le ventre.
Sérieux.
Si tu as vu le film des Avengers, TAIS-TOI.
Et quand je l'aurais vu, on ira prendre un café pour se dire à quel point c'était bon.
Mais en attendant...
TAIS-TOI.

Sincèrement,
la fille qui n'a pas encore vu le film et qui est jalouse en secret des millions de personnes qui l'on déjà savouré.

mardi 1 mai 2012

Hors-la-loi

J'ai toujours aimé les cowboys et le Far West.
(Ok, je mens très clairement. J'ai pas toujours aimé ça. Mais y'a pas si longtemps, j'ai fini la série Deadwood. C'est vraiment bon et c'est vraiment dans le Far West style.)

Je devrais donc dire: j'aime les cowboys et le Far West depuis pas si longtemps.
Avant, la seule chose que je connaissais du Far West, c'est le pseudo village qu'il y a à La Ronde. (Tsé le genre de village proche de la pitonne où il y a toute la bouffe et où tes parents ne veulent pas te payer une frite à 8$? Bref)

Ce que j'aime, c'est le côté hors-la-loi. (Pas du village de La Ronde, du vrai Far West)
C'est des vrais durs, qui dorment à la belle étoile, qui font des duels, qui volent de l'or.
Ça boit du fort, ça crache sur le plancher, ça règle ses comptes en tuant l'autre.
Ça fou le trouble dans le village, ça vole des chevaux, ça sème le trouble, la terreur.

Billy the Kid, Calamity Jane, Buffalo Bill, Wild Bill Hickok, Jesse James...
Les bad-ass du Far West.
Tu ne leurs disais pas quoi faire à ces gens-là. Ils arrivaient, tu les laissais faire en ayant peur et quand ils partaient, tu disais «Merci beaucoup de m'avoir laissé en vie, revenez quand vous voulez, mais je n'essaye pas de vous dire quoi faire là!»

Et j'ai réalisé.
Je ne suis pas une hors-la-loi.
Je n'en serais jamais une.
Principalement parce qu'on est plus à l'époque du Far West mais aussi parce que je suis trop correct.
Et ça m'a frappé.
Non seulement je ne serais jamais une hors-la-loi recherché dans 8 états américains avec 32 cambriolages à son actif (ce qui d'un certain point de vue est une bonne chose), mais je ne serais jamais une bad-ass, jamais une bum, jamais une rebelle...
Je respecte la loi.

Même les lois non-écrites,genre: dans les escaliers roulants du métro, si tu attends d'être rendu, tu te tiens à DROITE et si tu es pressé, tu te tiens à GAUCHE (et je tiens tellement à cette règle que je me permets de JUGER ceux qui ne la respecte pas. Sérieux, quand tu te tiens à gauche et que tu bouges pas, tu gâches la journée de tout le monde. Merci.)

Je respecte même les lois sans conséquences judiciaires.Exemple? Quand dans un restaurant, c'est écrit «Toilettes pour les clients seulement», j'achète de quoi pour pouvoir y aller. Ou bien je vais ailleurs. Comme s'il y avait une police qui va vérifier si je suis cliente quand je vais sortir des toilettes. Comme s'il y avait un body guard avant la porte qui vérifie si j'ai acheté de quoi. Comme si le restaurant allait me poursuivre pour «abus d'équipement sanitaire sans achat préalable à l'utilisation dudit équipement mis à la disposition des clients, ce que je ne suis pas». Et pourtant, je respecte cette règle.

J'ai toujours fait mes devoirs à l'école, je n'abuse pas des 4 flashers et du «stationnage en double, c'est pas grave ça ne sera pas long!», je ne bois pas quand je conduis (et j'encourage tout le monde à en faire autant!), quand je fais des rouleaux de cennes noires, je les comptes afin d'être CERTAINE qu'il y en a 50 et pas une de moins, je ne mange pas de raisins à l'épicerie, et quand c'est écrit dans des salles de bain «Fermez la lumière en sortant», vous pouvez être certain que je le fais. Des fois je retourne même vérifié si je l'ai bien fait. Mais quand c'est pas écrit et que je la ferme pareil, j'ai toujours un petit moment de panique de «Il fallait-tu que je la ferme? Est-ce que je vais la réouvrir? Hé que les consignes ne sont pas claires!»

Bref, je ne serais jamais une hors-la-loi.
Je serais toujours une dans-la-loi.
C'est moins hot.
Mais c'est moins de trouble.