Il faut courir (soupirs)

Certaines personnes le savent, d'autre non. C'est pas grave, c'est pas un sujet de manchette au Télé-Journal. Je pense. À moins qu'il se passe VRAIMENT rien dans le monde. Genre: c'est la paix partout, y'a pu de corruption, de meurtre, de dette, de famine, de problèmes, de scandale...PU RIEN. Dans ce cas-là, ça pourrait PEUT-ÊTRE faire les manchettes. Ou pas. De toute façon, c'est pas important. C'est pas de ça que je parle. Est-ce qu'on peut revenir à ce que je veux dire? Merci.

Je cours.
Pas en ce moment là. Mais je cours. J'ai commencé, il y a de cela 2 mois environ, à faire du jogging.
La dernière fois que j'ai couru, je pense que c'est en secondaire 2, quand on était obligé de faire le cross-country pour passer le cours de gym. Ça vous donne une idée. Je partais de loin.

Maintenant, je fais 28 minutes (30 demain) sans m'arrêter.
La première fois que j'ai fait 20 minutes sans m'arrêter, j'étais tellement énervée, je suis rentrée au dépanneur pour donner un high-five au caissier. Il fallait que je partage ma joie et je ne pouvais pas attendre 4 heures que mon homme revienne à la maison.
Et pour me récompenser, le soir même, j'ai mangé de la pizza. Je crois beaucoup au renforcement positif. Beaucoup.

Tout le monde me dit: «Tu vas voir, au début c'est difficile, mais après tu vas avoir la piqûre et tu ne pourras plus t'en passer!». J'attends toujours la fameuse piqûre.
Je n'aime pas le avant courir. Quand ça me prend tout mon petit change pour me motiver à mettre mon kit de joggeuse amateure et partir de la maison.
Je n'aime pas vraiment le pendant courir. Quand tous mes muscles me font mal, que la sueur me coule dans la face et me brûle les yeux.
Mais j'avoue que j'aime le après. Y'a une fierté qui sort de ça, c'est fou. Et un bien être incroyable. Pendant que je cours, je pense juste à «Faut pas que je meurs. Faut pas que j'arrête de courir. Faut pas que je meurs. Seigneur que c'est long et pas agréable!»
Mais pendant que je pense à ça, je pense à rien d'autre. Et c'est génial. (D'une certaine façon)

Je ne sais pas si je suis la seule...mais quand je cours, je n'ai pas l'air d'une annonce d'Adidas. (ou de n'importe quelle autre annonce où y'a du monde qui cours et qui sont beaux.)
Je vais pas vite. Je respire fort. Je suis en sueur. Je suis rouge comme une tomate. Je sens mon gras bouger. Je rush et je ne suis pas une carte de mode. (Ni une reine de beauté.) Avant, pendant et après ma course.

D'ailleurs, la dernière fois que je suis allée courir, on m'a nargué.
Je cours dans les rues. Une fille me dépasse en courant. Grande. Belle. Mince. Pas essoufflée. Elle court vite et bien et sans effort. Elle est (loin) devant moi. Avec son chandail des Carabins. (Pour le besoin de cette histoire, je vais l'appeler «la Bitch des Carabins».)

Ça adonne qu'on a le même trajet de course. Alors tout le long de mon petit jogging, j'avais la Bitch des Carabins devant moi qui courait comme une gazelle, sans être rouge et sans forcer. Je me suis mise à la détester. Et j'étais tellement concentré à la suivre (de loin) et à l'haïr, que j'ai fait mon 25 minutes sans m'en rendre compte.
Ce que je veux dire c'est «Merci, Bitch des Carabins. Tu m'as aidé. Je t'en dois une.»

Je propose aussi une «Charte des devoirs envers les joggueurs»
Parce que y'a beaucoup de monde qui court. Et même si tu ne fais pas parti de la «gang» tu dois en croiser, des gens qui court. Voici les choses à faire.

1-Entre personne qui court, nous devons nous faire un petit signe de reconnaissance.  Les motocyclistes se font des signes de mains, les Francs Massons ont une poignée de main secrète...nous, les joggeurs, nous allons nous sourire. Ok?

2-Quand tu croises quelqu'un qui court, il FAUT que tu l'encourage. Tu peux lui sourire. Ça, c'est la base. Pas le regarder comme s'il allait mourir devant toi (dans mon cas, ça m'arrive souvent. Je pense que les gens s'inquiètent pour moi. C'est pas de ma faute si je vire rouge facilement!) ou comme s'il était fou de faire ce qu'il fait. On a pas besoin de ton jugement, on a besoin de ton support. Alors souris-moi.

3-Si tu es plus game, je propose le High-Five. Personnellement, j'aimerais beaucoup courir et que mon chemin soit parsemé de passant qui me font des tapes d'encouragement. Alors GO!

4-Si tu es en char, laisse-nous passer. Parce que si on s'arrête...y'a 85% des chances (dans mon cas) qu'on ne reparte pas. Ça nous fait perdre notre beat. Pis je veux dire...tu es en char. Tu vas nous rattraper en 4 secondes. Peu importe où tu vas, c'est sûr que tu vas y arriver avant nous. Sois gentil. Le karma va te remercier un jour.

5-Je propose que tout le monde aille des confettis dans ses poches. Quand tu vois une personne arrêter de courir, tu lui lance une poignée en criant «BRAVO! Tu as réussi!» C'est valorisant. Ça fait du bien que quelqu'un (même si c'est un parfait inconnu) souligne nos efforts.

VOilà, la Charte en 5 points que je propose.
On passe le mot, ok?
Parce que sans ces encouragements, je sais pas comment je vais faire pour me rendre à 45 minutes...

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