À tout ceux qui déménagent en fin de semaine...

Aujourd’hui, j’ai une pensé pour tout ceux qui déménagent en fin de semaine.

Ce qui me fait rire, c’est ceux qui te demande de l’aide avec leur argument béton de  «Je paye la pizza!».
Ça ne marchera pas sur moi.
Je vais m’en payer une moi-même, une pizza. Sans faire tout l’effort en plus.

Même si je ne déménage pas cette année, j’ai une pensée pour tout ceux qui le font.
Je l’ai vécu mille fois.

Mal dormir la veille du déménagement parce qu’on est stressé. Se repasser en tête toutes les choses de dernières minutes qu’on doit faire (et ne pas oublier de faire!). Croiser les doigts pour que tous ceux qui ont dit qui allait nous aider soit véritablement là. Regarder compulsivement la météo.

(J’ai déjà déménagé un de mes amis pendant que la queue de l’ouragan Katrina s’abattait sur Montréal. Évidemment, tout le monde a choké. Sauf moi. Étonnamment, on est encore ami aujourd’hui. Mais depuis ce jour, je n’ai plus JAMAIS déménagé PERSONNE.)

Le matin du grand jour, tu te lèves full tôt, enfile ton linge le plus confo, met du déo et HOP! T’es prêt pour la journée. Tu finis les dernières boîtes (ou si tu es comme moi : tu fous tout ce qui reste dans des sacs de poubelle, en panique, parce que ton oncle avec un trailer est arrivé et il klaxonne pour t’avertir qu’il est prêt).

Et le charriage de boîtes commence. 
Y’a 2 écoles de pensées : chacun pour soi ou «on fait la chaine». Personnellement, je suis plus chacun pour soi. Pour que la chaine soit efficace, faut que tu aies assez de monde pour couvrir toute la distance entre ton appart et le truck. Et je n’ai jamais eu assez de monde pour ça. (Non, je n’ai pas assez d’amis dévoués pour m’aider à déménager d’un 3e étage à un autre 3e étage. En même temps je comprends. Même moi je m’haïssais cette journée-là.)

Pis dans un déménagement, y’a toujours une personne qui ne sert à rien. Qui est là mais qui fait juste pousser 2-3 boites en rodant et en faisant semblant de faire de quoi. Comme si personne n’allait s’en rendre compte.
TOUT LE MONDE S’EN REND COMPTE OK?!

La seule personne qui a le droit de rien faire, c’est la maman. Elle, elle dirige les gens, demande si on a besoin d’aide et passe le balais quand on déplace le frigo «parce qu’on ne peut pas laisser ça de même pour les nouveaux! Qu’est-ce qu’ils vont penser de toi?»

Un coup que tu as passé 45 minutes dans les escaliers à essayer de faire passer le poêle et que l’appartement est vide, tu prends un 2 minutes pour faire le tour, être sûr que tu n’as rien oublié, trouver ça un peu triste de partir et juste avant de tomber complètement dans la nostalgie…tu embarques dans le char et HOP!
Tout le monde direction le nouvel appart!
Tu espères que personne ne va se perdre en chemin et (surtout!) que toutes tes boîtes et gros électros vont tenir le coup dans le trailer et que le matelas attaché sur le toit du char de ton ami ne va pas foutre le camp sur la 40.

Arrive à ton nouvel appart. Horreur : les anciens locataires sont encore là. Ils n’ont pas fini, eux. Ils n’ont pas commencé à 8 heures du matin, eux. Ses amis ne se sont pas tous pointés, eux. Ils ont pris un break pour le dîner à 11 heures, eux. Ils sont encore pogné à essayer de sortir la laveuse, eux.
Croiser les anciens locataires, c’est la pire affaire.
Parce que y’a toujours le dilemme de : est-ce qu’on les aide à finir la job ou bien on va prendre un break pis on les laisse se débrouiller?

On les laisse se débrouiller et on va manger est toujours ma réponse.
Malheureusement, j’ai toujours des amis plus nice que moi qui décide de donner un coup de main. Alors on donne un coup de main. Et quand ils ont fini, ils font toujours la joke poche, qui est en réalité une proposition sérieuse déguisée en blague : «On déménage à telle place si vous voulez venir nous aider après.»

Tout le monde rit et on sait très bien qu’on ne se reverra jamais.

Arrive la deuxième batch de déménagement : monter toute le stock.
Tu recommences à charrier des boîtes, vers le haut. Tu regosses dans les escaliers pour essayer de faire passer le divan. Y’a toujours un moment où une personne propose d’enlever la porte de ses gonds. Finalement tu réussis à faire passer le tout en enlevant les pattes, que tu remets après et ton divan n’est plus aussi solide qu’avant.

Encore une fois, y’a la maman qui commence à dépaqueter les boîtes, alors que vraiment, l’essentiel, c’est pas ça. C’est nettoyer la salle de bain, tout le monde le sait.

Pis là, une personne lance le cri de l’espoir, pour revigorer les troupes : «Il reste presque rien!» Mais il faut se méfier de ça. Parce que c’est jamais vrai. Il ne reste jamais presque rien. Il reste toujours mille et un cossins que tu demandes pourquoi tu les as déménagé. 

Et quand tout est fini, une caisse de bière apparaît miraculeusement au milieu du salon.
Ainsi que 3-4 amis qui «viennent de se libérer ben voyons tout est déjà fini crotte on est trop tard».

À tout ceux qui vont vivre ça en fin de semaine, j’ai une pensée pour vous.
C'est pas le fun mais c'est quand même le fun un peu.
Pis après, y'a de la pizz! 

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