La fois où j’ai vu le plus de vomi de toute ma vie.

Samedi dernier.
Le samedi avant l’Halloween.
Un de mes samedis préférés dans toute l’année.
Parce que tout le monde s’en va dans des partys costumés. Tout le monde vit sa vie tranquillement, dans le métro, dans la rue, au bar, au dépanneur…mais avec la face en sang, avec des ailes, avec un mannequin sur les épaules.

J’aime ça. J’aime voir les costumes. J’aime sentir la fébrilité dans l’air.
J’aime l’ambiance de carnaval qui traine dans la ville.

Il y a quelque chose ce soir-là qui rend tout le monde de bonne humeur.
Même si tu n’es pas déguisé, même si tu n’es pas sur le party, tu ne peux pas t’empêcher de marcher d’un pas léger et de sourire à tout le monde.

Donc, samedi soir avant l’Halloween.
Je vais voir un show au centre-ville. Je sors de l’Olympia. Il est 23 heures.
Déjà, les festivités halloweenesques ont commencées.

Je passe devant un club. Il y a un gros line-up de vampires, de princesses et de princesses-vampires.
À quelques pas de ce line-up, il y a un gars, soutenu par 3 de ses amis, qui est en train de vomir, appuyé sur une voiture.
Deux mètres plus loin, un autre gars, assis sur le bord du trottoir…en train de vomir également.

Je les dépasse. Je fais 7 pas: une fille, soutenue par 2 amies (une qui tient sa longue perruque et l’autre son diadème) qui vomi dans une bouche d’égoût.

Ça fait 1 minute que je suis sortie du show. Et je viens de voir 3 personnes vomir.
Trop de bonbons ou trop d’alcool ou un heureux mélange des deux?
Peu importe, ça fait beaucoup de vomi en peu de temps.

Et ma première pensée a été «Mais à quel point tu ne sais pas boire pour qu’à 11 HEURES tu sois déjà en train de vomir dans la rue?»
Soyons honnête : ta soirée est finie là. Tu vomis sur Sainte-Catherine, devant tout le monde. Tu ne vas pas retourner sur le dance floor après.
Gère mieux ton alcool pour profiter de ta soirée. C’est niaiseux.
Tu as sans doute attendu cette soirée pendant 1 semaine. Peut-être plus.
Tu as passé du temps à préparer ton costume, à anticiper ton party.
Tu as des plans : danser, séduire, manger du McDo en sortant.
Et après 15 minutes, tout ça s’est effacé parce que tu es occupé à vomir devant des inconnus et tu vas sans doute te retrouver dans des story Instagram de monde que tu connais pas.

C’est là que j’ai su que j’étais mature. Parce que moi, je sais gérer mon alcool pour profiter au maximum d’une soirée. Bref.

Je vais prendre un verre avec une amie. Passé 1 heure, j’embarque dans le dernier métro.

Deux filles, sur la rame. Une sorcière et ce qui semble être un restant de troll.
Juste comme le métro arrive, y’en a une qui vomi sur le quai (le troll).

J’embarque dans mon wagon, pour fuir l’odeur et la deuxième vague qui s’en vient.

Et je tombe face à face avec mon cauchemar: un groupe de baby boomer de la rive-nord qui ne prennent jamais le métro, complètement saoûl, parce qu’ils reviennent de voir un match du Canadiens au Centre Bell. Déguisés en fan trop intense (ou c'était peut-être pas un costume).
Tsé, la soirée vient de leur coûter 500$ chacun et ils ne s’en souviennent pas et ils sont ben énervés parce qu’ils sont dans le MÉTRO.

Y’en a un, le chef, qui veut me jaser ça.
Je lui fais mon meilleur regard de Montréalaise. Un regard glacial de jugement, une face de supériorité incroyable qui lui fait comprendre en une fraction de seconde que je suis de la royauté et que j’ai pas de temps pour lui.

Je m’installe sur un banc.
Le groupe continue d’essayer d’enternaiter le reste du wagon.
Et là, entre 2 stations, Monique, la femme du chef, vomit tout son soûl.
175$ de bière du Centre Bell drette là.
Les baby boomers rient. Rient. Rient.
On est à Sherbrooke. La ride va être longue pour Monique jusqu’à Montmorency!

Les gens normaux sont dégoûtés. Ça pu. À la station suivante, tout le monde change de wagon.
Et les baby boomers rient encore plus : «Esti! On a toute la place juste pour nous! Comme si on était dans une limousine!»

Ben oui. Pareil.

Bref. C’était le samedi soir avant l’Halloween. J’ai jamais vu autant de vomi de toute ma vie.

Et pourtant, j’ai vu le film Le Petit Monstre.

Commentaires

Articles les plus consultés